Dans le fond de la marre

Mis à jour : 26 déc. 2019

J’ai vécu pendant plusieurs années dans une grande maison, trop grande pour moi… Mais elle avait un grand jardin, pas trop grand pour moi ! Dans ce jardin, nous y avions aménagé un bassin avec une chute. C’était magnifique. Il y avait des oiseaux qui allaient s’abreuver et prendre un bain dans la petite rivière générée par la chute. Et il y avait aussi des poissons et des plantes aquatiques. C’était donc très beau.


L’hiver il fallait fermer les pompes, vider les tuyaux et garder néanmoins une pompe submersible pour oxygéner l’eau afin de garder les poissons en vie. Il fallait aussi mettre un élément chauffant pour garder un trou ouvert là encore pour oxygéner le bassin. Bref, tout un travail !


Au printemps, on rouvrait tout, là encore tout un travail. Déjà c’est vous dire que lorsqu’on a un point d’eau, il y a toujours un minimum de temps à y mettre pour l’entretenir adéquatement. Mais cette année-là, pour revenir à ce bassin, il y avait une odeur nauséabonde qui venait de ce bassin. Les feuilles étaient tombées dans le fond du bassin, enfin celles qui avaient échappé au filet. Et l’eau était aussi remplie d’algues, car la personne en charge durant l’hiver avait laissé trop chauffer l’élément, ce qui avait aussi causé le problème suivant. En nettoyant le bassin, nous y avons trouvé 4 écureuils morts, pourrissant dans l’eau, pas assez froide pour les conserver durant l’hiver ! Mais cela, nous l’avons découvert plusieurs jours après avoir rouvert les pompes pour filtrer l’eau et en vidant précautionneusement le panier très régulièrement afin d’éviter d’engorger et d’endommager les systèmes. Comment avaient-ils atterri là ? Aucune idée. Les écureuils ne savent pas voler, mais ils savent normalement se promener de branche en branche. La vie apporte son lot de choses inattendues, inhabituelles et parfois inexplicables.


Pourquoi je vous raconte cette histoire de mon bassin et de ces écureuils morts ? Pour faire un parallèle avec notre #vécu #émotionnel et ces gros éléments perturbateurs que constituent les évènements marquants, voire traumatisants, de notre vie, le symboliques écureuils... Si je n’avais pas enlevé les écureuils de là, je vous dis que ça aurait senti un bon moment encore et qu’en plus j’aurais perdu encore plus de poissons à cause de cet empoisonnement de l’eau. C’est sûr que dans un étang, si on ne brasse pas, l’eau a l’air belle, du moins en surface. Cela dit on pourrait avoir tendance à éviter d’y voir, car alors on pourrait voir le fond pas si beau que ça, c’est une première chose. C’est probablement beau et calme en surface, mais n’allons pas plus loin. Mais admettons qu’on veuille y mettre les pieds, dès qu’on y va, elle devient rapidement trouble et non attirante, voire dangereuse pour la santé si on n’a aucun moyen d’assainissement. C’est la même chose avec les émotions. Tant qu’on n’y touche pas, ça va ! Mais il suffit que par inadvertance un drôle d’énergumène plonge là sans que vous ne l’ayez vu passé et là il se passe des choses malgré soi.


Beaucoup de personnes n’osent pas toucher à leurs #émotions. Ce qu’elles y trouvent ne sent pas bon, soit parce que c’est rempli d’«écureuils» pourrissants, soit parce qu’elles pourraient y découvrir leur propre négligence à tenir le tout propre, ou encore pour ces deux raisons. Dans tous les cas, ça pue ! Personne n’aime cela, mais quand il faut, il faut. C’est comme lorsque votre toilette est bouchée, vous avez intérêt à y voir autrement cela va vous poser de sérieux soucis.


Il n’existe pas d’autres moyens d’épurer l’eau que de la filtrer. Dans la nature, l’eau courante s’épure d’elle-même, à moins d’être constamment contaminée sur son trajet. Mais l’eau stagnante, c’est autre chose. Ce parallèle eau-émotion est loin d’être de mon invention. On y fait référence dans les rêves énormément par exemple. Je m’y arrime pour tenter de vous expliquer combien il est nécessaire de nettoyer et s’occuper de son eau pour bien y vivre.

Je vous accorde que c’est désagréable, que ça peut donner la nausée voire faire vomir… oui, mais sans filtration, il ne se passe rien. Mais attention, même en filtrant, il ne s’agit pas de confier la tâche à d’autres et de s’en débarrasser : trouve le bobo et arrange-le ! Ça peut fonctionner temporairement, mais dès que quelque chose d’autre arrive, vous ne parvenez pas à vous en sortir, n’y connaissant toujours rien. Retour à la case départ.


Et advenant que vous preniez la chose en main, pendant un certain temps il vous faut être très vigilant(e), car toute votre opération de nettoyage doit se faire sous haute surveillance et en prenant le temps nécessaire. Il faut intervenir très souvent, y aller par petits pas, arrêter, nettoyer le filtre, recommencer, et encore et encore, jusqu’à ce que le tout soit réglé. C’est au début que ça engorge souvent. Plus on filtre et plus l’eau peut passer aisément et moins on a à nettoyer. Donc même en s’y adonnant, il faut s’impliquer à chaque instant au tout début. Un gros travail. On comprend qu’on ne veuille pas s’y mettre. Cela dit, rien ne s’arrange tant qu’on n’y touche pas.


C’est pour cela qu’en séance, il faut être accompagné(e) et parfois resserrer les liens par des séances moins espacées, le temps d’épurer lorsqu’on tombe sur une partie très encombrée. Ce n’est surtout pas le temps de se sauver, autrement tout est à recommencer. C’est dur, parfois très dur. Les séances ne sont pas toujours une partie de plaisir, mais au final, lorsque les eaux sont redevenues saines, limpides, qu’on se sent enfin dans un environnement respirable, là on peut se féliciter d’avoir tenu bon. Certaines personnes ont parfois tendance à se sauver lorsque c’est moins agréable, mais c’est en restant que l’on peut voir le bout. Faut juste être bien accompagné(e) dans l’exercice. Faut juste se donner le temps aussi. Parfois, il faut plusieurs séances avant d’en venir à bout et encore d’un seul «écureuil» ! Mais plus on avance, plus cela devient facile, car l’eau est alors de moins en moins sale.


N’oubliez pas que la marre, c’est la vôtre et que peu importe que vous l’ayez négligée, contaminée, désertée… elle est vôtre et vous pouvez la réinvestir dès que vous le désirez. Le plus beau de l’affaire est que votre marre ne s’use pas avec le temps. Elle est juste propre ou sale, mais elle est aussi éternellement là toute votre existence. Cessez de culpabiliser la nature, ou de vous culpabiliser pour négligence et enfilez vos gants… On y va !


#stress #angoisse #émotions #trauma #resilience #résilience

Ville Mont-Royal, info@resileste.com

© 2017 par Corinne Zacharyas, Ph.D.

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