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© 2017 par Corinne Zacharyas, Ph.D.

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Les éléments essentiels à la résilience

Mes recherches durant de nombreuses années m’ont amenée à tenir compte de 3 points essentiels dans la psychologie de la résilience :

  • La structure de base de la personne : la manière dont elle se perçoit et envisage les choses…

  • Le terrain : la quantité de ressources disponibles, le soutien extérieur, sa situation socio-économique…

  • L’évènement traumatique : ce qui s’est produit, ce que cela a mis en jeu, les personnes et/ou les compétences de la personne.

 

À partir de ces trois points, j’ai pu observer que l’utilisation des ressources, qu’elles soient intra personnelles ou environnantes, diffère selon la relation qu’on entretient avec soi-même et avec les autres. Il en découle des manières d’agir et de réagir. Il ne s’agit pas juste de disponibilité des ressources. Par exemple, une personne peut très bien avoir accès à de l’aide qui lui serait offerte, mais sa confiance en autrui est tellement minée qu’elle va y renoncer. Le type d’évènement traumatique va également impliquer différentes choses. Une catastrophe naturelle n’aura pas le même impact qu’une attaque à main armée. Dans le premier cas, on ne va pas l’attribuer aux personnes. Dans le deuxième cas par contre, ce sont des semblables qui sont en cause. Cela m’a amenée à envisager des portraits types. Ils ont le grand avantage de permettre à la personne… de fonctionner justement ! Cependant ils comportent des désavantages voire des handicaps pour le fonctionnement quotidien. Et les personnes y vivent malheureuses voire en grande souffrance.

J’ai pu remarquer aussi que le type de motivation entretenue est une manifestation de résilience plus ou moins bénéfique. Dans mes recherches je pensais que puisqu’on était motivé d’une telle manière en étant résilient, cela aurait une influence sur le bien-être. Cela est vrai. Il est par contre plus probable que parce qu’on a une résilience qui tourne plus à de la résistance, notre motivation en sera impactée, ce qui ensuite aura un effet sur le bien-être. Dans cette situation, si notre motivation manque, c’est plus une conséquence qu’un manque de volonté ! En effet, lorsque la personne est atteinte à l’intérieur d’elle-même, dans sa perception d’elle-même par exemple, elle a bien du mal à faire les choses pour le développement que cela peut lui permettre. Elle a bien du mal à avoir même le plaisir d’apprendre de nouvelles choses. Cela lui devient tout bonnement impossible. Il lui faut tellement d’énergie pour se tenir debout face à tout ce qui constitue des agressions intérieures que le plaisir de vivre les choses ne peut pas être présent. Cela se traduit alors par des motivations de type plus externe. La personne agit et réagit en fonction de son entourage externe. La raison est bien louable, il faut se préserver ! Ce type de motivation, dite autodéterminée, touche directement la qualité de bien-être général. Ce bien-être se rapproche de la notion de bonheur. Il ne s’agit pas du plaisir immédiat et éphémère, mais plutôt d’un mode de vie où la personne y trouve un certain bonheur. Cette motivation constitue une porte d’entrée importante à la compréhension du vécu intérieur de la personne, sans toutefois être suffisante en soi.

 

D’ordre général j’ai donc pu repérer de grands types de résilience/résistance qui sont de véritables barrières au bien-être de l’individu. Il y a bien des nuances autour de ces profils et il est bien important de ne pas se coller une étiquette précise. Il s’agit plutôt ici d’une caricature où se retrouvent exacerbés les grands traits. Ceux-ci vont se retrouver de manière plus subtile chez chacun d’entre nous. Il n’y a pas un type de résilience/résistance plus louable qu’un autre. En fait, tout dépend des ressources à notre disposition, autant intérieures qu’extérieures, et de notre histoire de vie, mais aussi du type de traumatisme vécu.

 

Être conscient de sa manière de réagir et de fonctionner peut permettre d’aller explorer ce qui nous manque afin de compléter un parcours bien entamé. Il faut d’abord reconnaitre la situation telle qu’elle est.

Dans le monde du travail, pour fonctionner, il faut savoir rentrer en relation avec les autres puisqu’il y a souvent matière à travailler en équipe. Il est important aussi d’avoir une bonne perception de soi-même, c’est d’ailleurs le premier point important qui aura aussi un impact sur tout le reste. De plus, il est important de se sentir compétent dans ses différentes tâches à accomplir. De fait, à partir des trois éléments importants dans la psychologie de la résilience (structure de la personne, terrain et situation traumatique), il découle trois zones d’atteinte potentielle par les évènements difficiles voir traumatiques de la vie :

  • La relation à soi : la capacité intra personnelle de la personne, c'est-à-dire comment elle se perçoit. Cette zone contient tout ce qui se rattache à l’estime de soi, la confiance en soi, sa propre valeur. Comment la personne s’évalue-t-elle personnellement ? Dans cette zone, la relation va de soi à soi.

  • La relation à autrui : la capacité inter personnelle de la personne, c'est-à-dire comment elle se met en lien avec les autres. Cette zone contient tout ce qui se rattache à la confiance en l’autre, la capacité à relationner avec l’autre en s’impliquant soi-même dans cette relation. Dans cette zone il y a le fait de relationner sur des sujets anodins, en surface, et le fait de parler de soi, de son vécu, de ce qu’on est, ce qu’on perçoit et désire. Comment la personne rentre-t-elle en relation avec les autres ? Dans cette zone, la relation va de soi à l’autre.

  • La relation à ses propres compétences : les capacités fonctionnelles réelles de la personne, sur un plan objectif d’adaptation externe face aux situations qui l’environnent. Toutes les habiletés et compétences de la personne dans son travail font partie de cette zone. La personne se sent elle compétente dans ses tâches ? Dans cette zone, la relation va de soi à son sentiment de compétence, à la croyance de pouvoir remplir les tâches qui nous sont assignées.

Lorsqu’une zone est atteinte, il risque d’y avoir une déportation sur les autres, ce qui pourrait poser des problèmes dans la manière d’aborder les situations et de se mettre en relation avec les autres. De plus, à force de compenser par ce qui reste, les ressources s’épuisent pour transiger avec les évènements ultérieurs, affectant petit à petit les autres zones au départ intactes. Plus le temps passe et plus la personne perd des bouts de capacité.

 

Dans la résilience/résistance, en général, ce qui fonctionne le mieux est souvent dans l’adaptation externe. Car souvent c’est bien la perception de soi et la manière de relationner avec les autres qui seront touchés en premier. Les capacités interpersonnelles font un peu le pont entre soi et les compétences. Le travail d’équipe, par exemple, nécessite des relations aux autres. Il est évident que la perception de soi aura un impact aussi dans le mode relationnel avec les autres au travail. La manière de percevoir ses compétences aura également un impact sur la manière de relationner avec autrui.

Il y a bien des choses que la personne ressent vis-à-vis d’elle-même, qui ne paraissent pas et dont personne n’a véritablement conscience. Par exemple, quand une personne porte des actes violents envers autrui alors qu’on la percevait comme calme et adaptée, on s’interroge toujours. En découvrant sa perception d’elle-même, on saisit beaucoup mieux ses actes, même s’ils sont inacceptables.

L’adaptation interne représente tout ce vécu intérieurement. Celui-ci est très souvent négligé, mis au rancart, pour cause de bon fonctionnement quotidien. On est alors incomplet, car il faut aussi pouvoir développer une adaptation interne adéquate. Les deux sont importants pour une bonne santé psychologique et du bien-être au rendez-vous.

À partir de tous ces éléments, j’ai pu répertorier sept profils de résilience/résistance problématique pour vivre bien et réussir à se développer.

Alors quels sont ces profils de résilience ?