On vous ridiculise !

Si vous êtes victime d’incivilités voire de harcèlement… si vous tentez de vous défendre, de soulever le moindrement le problème à force d’attaques…. On vous ridiculise !

Pourquoi ? Les personnes prenant autorité sur vous, de manière légitime ou par processus de harcèlement, ont tout fait pour vous enlever la moindre capacité à exprimer clairement ce que vous vivez. Votre personne, vos compétences ont été remises en doute encore et encore. Vous êtes tellement confus(e) en vous que la moindre question pour avoir l’air de vous écouter vous amène à perdre le peu de crédibilité qu’il vous reste. La demande, qui semble de bonne foi par les autres, génère un stress ingérable compte tenu du vécu intérieur. Ces autres, qui ne sont pas de bonne foi, le savent ! Ils savent que vous avez peur, d’eux, de la situation, de tout. Ils le savent car ils ont tout fait pour cela et ça a marché ! Maintenant, ils font les bons samaritains pour prouver qu’ils n’ont rien fait de mal et vous mettent encore plus dans l’embarras. Chaque question qui vous est posée pour justifier ce que vous tentez de dénoncer se traduit par un stress qui congèle instantanément votre cerveau, comme le ferait l’azote liquide pour surgeler les aliments ! Vous ne parvenez plus à trouver l’élément juste pour bien répondre, bien riposter. On vous rit au nez et on prétend que donc, y’a pas de problème ou encore que c’est vous le problème, qui si vous ne répondez rien, c’est que vous participez, que vous êtes d’accord !

J’espère que vous vous insurgez autant que moi face à cette aberration qui laisse les gens dans une telle souffrance.

Et cela ne suffit pas. Les harceleurs agissent ainsi, et les autres font l’autruche ! Les patrons, à l’écoute des problèmes, sont attentifs… parfois. Lorsqu’ils mettent en lien la victime et l’harceleur, pensant bien faire, pour régler le conflit à l’interne, ils risquent de gros dérapages. S’il est vrai qu’il est important de confronter la situation, de la mettre à jour, il faut pourtant considérer aussi et surtout le décalage entre les tournures d’esprit du mis en cause et les bris chez la victime potentielle. Ce que ces personnes en autorité oublient est que derrière le discours creux des victimes, il y a une souffrance indicible. Derrière les discours décousus des victimes, il y a une souffrance indicible. Derrière les acceptations des discours des mis en cause chez les victimes potentielles, il y a une souffrance indicible. Mais, pour aller plus vite, pour tourner les coins ronds, pour avoir l’air de s’en être occupé au sens de la loi, on ne va pas plus loin que cette première parole, celle qui vise à se protéger, et à juste titre.

Ensuite, lorsque la victime potentielle ose néanmoins aller plus loin, qu’elle n’a pas encore été totalement démolie par la situation, ce sont les inspecteurs et les juges qui viennent clouer le cercueil ! La personne meurt à petit feu, à l’intérieur d’elle-même ! Là encore, on ridiculise la victime potentielle, et cette fois, en public ! Un vrai désastre.

Vous percevez toute ma colère ?

J’ai tenté, lors que mon internat en psychologie du travail, à défaut de pouvoir travailler avec les patrons, à défaut de pouvoir accompagner les victimes refusant de dénoncer, j’ai tenté donc… du côté des syndicats. Naïvement, je pensais que j’aurais l’appui des organisations censées défendre les victimes de tels actes. Grosse déception ! On y faisait éventuellement une brève évaluation lorsque le syndiqué ose se plaindre et ensuite plus rien ! Oui vous avez bien lu, plus rien pour des considérations…. politiques ! Ce n’est pas forcément partout, mais c’était là où j’ai mis le nez…. Et les bottines.

Les personnes sont-elles donc laissées à elles-mêmes ? Malheureusement, trop souvent oui. C’est décourageant !

Mais il existe un outil assez formidable qui a plusieurs visées pourtant fantastiques. Si certaines personnes le connaissaient, cela permettrait de gros changements.

L’ISVT (Indice de Savoir Vivre au Travail), que vous pouvez trouver sur le site de Guy Lacoursière (www.harcelement.ca) a été conçu pour déterminer les différentes violences faites à autrui, de l’incivilité au harcèlement avéré. Parfois, les victimes ne sont pas les vraies victimes, ce sont des personnes qui tentent de se défendre d’un droit de gérance tout à fait justifié. L’outil peut le déterminer aussi, ce qui permet d’éviter bien des frais dans les organisations.

Parfois ce sont des grossières incivilités faites par des personnes juste inconscientes de leur impact, de gros bébés ! Avec certaines informations, on peut mettre en lien toutes les personnes impliquées, de bonne foi, et aider à un échange fructueux, et menant à de réels changements. Là encore que d’argent sauvé dans les organisations !

Parfois, il s’agit de véritable harcèlement conscient. Ce qui sauvegarde ces personnes c’est le silence des victimes et leur incapacité à se défendre, trop démolies et apeurées par ladite personne en cause. Ainsi que du silence de tous ceux qui sont autour, quoi voient ce qui se produit, mais ne disent rien par peur des représailles potentielles à leur encontre. Qui veut subir le même sort ? Alors personne ne met ses culottes.

Et parfois, il faut des arguments massue et d’une limpidité ne laissant aucune place au doute pour aller en court face à un harcèlement volontaire et très destructif, s’il est besoin de renforcer la notion même.

Cet outil que j’ai pu utiliser lors de mon internat, disponible sur internet, dispensé à toute personne qui le désire, victime ou même observateur pouvant corroborer les choses, permet de poser la question de manière structurée et d’aider la personne confuse à déployer sa pelote de laine, en tout respect et soutien. Elle le fait UNE FOIS ET C’EST TOUT ! La confidentialité est également respectée pour toute personne désireuse de soutenir une victime et désirant se protéger des dommages éventuels d’une telle démarche.

Cet outil permet de résoudre un autre problème qui concerne la répétition des questions à la personne. Souvent d’ailleurs cela se solde par des réponses différentes, confuses, qui viennent valider l’incongruence et le manque de validité. Et qui viennent valider l’incertitude devant le juge et donc aussi l’impossibilité de statuer sans le moindre doute, car il s’agit bien de cela ensuite devant la justice ! Trop de personnes posent des questions, rendant de plus en plus mal la plus concernée qui en vient à déblatérer un tas de choses plus contradictoires les unes que les autres. Pensez-vous pourtant que ce discours décousu, sans queue ni tête soit voulu ? Il faudrait davantage se méfier des discours trop bien huilés et bien ficelés. Cohérence et vérité ne vont pas toujours de pair.

Alors si vous connaissez une personne victime de harcèlement, parlez-lui donc de cet outil. Au besoin aidez-là à le remplir ou mieux, si vous voyez des choses, remplissez-le, vous aussi.

Ensuite, vous pouvez l’utiliser comme source de travail pour amélioration au quotidien ou pour une plainte formelle. L’outil bien rempli a plusieurs fonctions. Il aborde l’ensemble de la question, sans rien omettre, c’est essentiel. Parce qu’autrement on nuit à la personne encore et encore. On la ridiculise. Et sachez que toute personne qui voit, mais ne fait rien devient complice d’un acte qui devrait être jugé criminel. Une vraie victime ne peut se relever seule.

#harcèlement; #victime; #harassment; #affaiblir; #cliniqueresileste; #corinnezacharyas; #outil; #ISVT


Sherbrooke, info@resileste.com

© 2017 par Corinne Zacharyas, Ph.D.

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