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Dans le paradigme du CEP

Dans le domaine viticole on parle de cep pour désigner le tronc et les branchages d’un pied de vigne tortueux. L’image est assez intéressante même s’il ne s’agit pas ici d’entrer dans le vaste champ du vin. Personnellement, bien que française d’origine, je n’y connais rien. Je vais vous parler d’autre chose. Cependant, le parallèle avec la tortuosité et la concentration solide d’un pied de vigne m’interpelle…


A partir de toutes mes formations et de ma pratique en cabinet j’ai pu constater des choses qui fonctionnaient « normalement », d’autres qui généraient de la stagnation et certaines qui avaient un impact gigantesque dans le processus de changement des clients. Ce qui m’importait était « Pourquoi ça marche ? Qu’est-ce qui marche ? » J’ai beaucoup réfléchi….


J’y ai découvert une sorte de voie royale où les choses évoluent très rapidement et avantageusement de manière durable pour les personnes. Il se déroule des situations où les personnes accèdent à un autre registre, plus intérieur, profond, et où les règles diffèrent de celles de notre vie commune, normalisée, collectivement compréhensible. Je voulais alors mieux saisir comment permettre ces situations magiques, les maîtriser, les susciter plutôt que d’en être juste témoin. Qu’est-ce que je fais dans ma pratique qui amène ce genre de situation géniale, surprenante et magistrale pour les clients ? J’ai de nouveau beaucoup réfléchi…


J’ai alors saisi certaines règles qui permettent cet accès. Dans ma pratique, j’ai allié trois choses très importantes en même temps, que peu de professionnels font ou peuvent faire. Le « en même temps » est très important. Il s’agit du Corps, des Émotions et de la Pensée (CEP). Ces trois choses sont bien connues des spécialistes, thérapeutes et chercheurs. Mais le « en même temps » fait la différence. C’est un peu de la thérapie en trois dimensions à partir de ces trois éléments.


En général, en thérapie, beaucoup de méthodes tournent autour de l’aspect cognitif des choses. Simplement dit, on parle des problèmes, situations, écueils, voir même des émotions. À travers la discussion, on tente de dénouer ses nœuds en en parlant. Et même dans ce qu’on appelle thérapie dynamique, on reste souvent dans un mode cognitif. On en parle ! C’est normal, nous sommes d’une espèce qui parle. On se représente le corps et les émotions dans l’esprit. En parler, c’est déjà très bien, et très efficace de pouvoir reconnaître les perceptions même sur un plan cognitif. Cependant, c’est super long ! Le vécu est rationnalisé. En pensant ouvrir au vécu, on aurait plutôt tendance à aplatir ces trois dimensions sur une seule, ce qui a des limites.


Pourquoi ? Le client peut avoir du mal à supporter le vécu émotionnel et les réactions physiques, une des raisons qui l’amènent là, bien sûr. Et donc tous ses mécanismes de défense, super bien aiguisés seront à l’œuvre. Ou alors, le(la) professionnel(le) qui écoute ne parvient pas à le supporter, et oui, ça arrive plus souvent qu’on pense. Et alors, il y a explication, interprétation, rationalisation. Mais parce que c’est le(la) thérapeute, ça fait expertise, et ça passe. Et tout cela se déroule à l’insu de la bonne volonté de tous, thérapeutes comme clients. Personne n’a la volonté de réagir de manière inadéquate. On parlera de transfert, contre-transfert, résistance.


Quand on ne s’intéresse pas de manière purement cognitive aux choses, il y a aussi les processus plus corporels, les massages, les thérapies psychocorporelles. C’est super, vraiment. Cela donne un volet plus expérientiel aux situations. Cependant, il faut pouvoir contenir les éventuels débordements, rediriger les vécus et travailler avec ce qui émerge lorsqu’on touche au réel vécu. Il arrive trop souvent que les personnes décompensent dans les approches plus corporelles et expérientielles du fait d’un manque d’accompagnement solide. Là encore, il y a une raison. Il faut pouvoir intégrer ces vécus à travers les perceptions, la manière dont on les pense, afin de digérer adéquatement les choses. Pourquoi ? Parce que nous, les humains, nous sommes des êtres pensants, à la grande différence du chat ou du chien qui fonctionne sur son vécu immédiat, j’aime-j’aime pas, selon ce qu’il ressent. L’être humain a besoin de mettre un sens sur les choses, cela le structure, à partir du vécu intérieur, émotionnel, corporel. Cependant il faut que cela se fasse dans le même temps et au même niveau pour que d’autres choses se passent. Même les personnes pas très cartésiennes, quoi qu’elles en disent et pensent (peu), structurent les choses dans leur tête. Avoir un sens, qu’on se le donne ou qu’on se le fasse donner, fait du bien, plus ou moins longtemps certes. Mais cela dépend d’où vient le sens. Quand ça vient du spécialiste qui écoute, ça marche à moitié, car il s’agit de sa rationalisation, comprise par le client mais ne référant que partiellement à son vécu perçu ! Qu’il y ait du sens est très important, mais il faut toucher le bon sens, celui qui rejoint le client.



Et l’idée ici n’est pas de mettre UN sens ou réduire le choc par une atténuation des émotions ressenties selon certaines méthodes dirigées, très efficaces, à court terme mais faisant des ravages sur le long terme. Certaines méthodes font répéter encore et encore l’évènement problématique en y collant une intention de bonne réaction, dans une réalité très objective. Le cerveau est très gentil et collabore. Mais le vécu corporel, qui a toujours raison, après avoir réussi à traverser les nouvelles barrières bien érigées par ce cerveau super puissant, va exploser, plus fort encore, de ne