Un nouvel emploi... pas si agréable.

Vous voulez faire pleins de belles choses, plein(e) d’enthousiasme et si engagé(e) dans votre nouvel emploi. Vous êtes prêt(e) à faire preuve d’ouverture, voyez quelques améliorations que vous pourriez apporter et bien sûr, vous êtes disposé(e) à en prendre la charge ! Si on vous a engagé(e), c’est tout de même bien pour vos capacités et talents ? Peut-être même qu’on vous a recruté(e) car vous pouviez faire de beaux changements.


Pourtant vous vous sentez freiné(e), vos belles idées sont accueillies plutôt froidement voire parfois avec du mépris. Et plus vous essayez, plus les regards et réactions sont réprobateurs. Voyons ????? Vous vous demandez bien pourquoi vous êtes si mal aimé(e).


La réponse appropriée et la plus juste et globale est la résistance au changement. C’est pour cela que plus ça change, plus c’est pareil comme on dit ! Les gens d’ordre général veulent bien du changement mais sans y être impliqué personnellement, directement ou par voie de conséquence.


En organisation, souvent après un certain temps, on se crée des habitudes, des manières de faire propres à chacun. On tourne un peu les coins ronds ! Et comme ça passe, pourquoi en changer ? Apporter du changement nécessite de déployer de nouvelles stratégies, de nouvelles manières de faire ou à tout le moins des manières de faire différentes. Et cela nécessite de s’impliquer, tout simplement. C’est-à-dire qu’il n’y a pas forcément à innover vraiment ni même à développer de nouvelles compétences mais bien à les organiser autrement, ce qui demande de l’attention et de l’énergie, qu’on s’en occupe ! Sauf que, parfois, certaines personnes ont des lacunes réelles, ou qu’elles croient réelles, au niveau compétences justement. Et la réorganisation desdites compétences suscite la possibilité qu’on découvre qu’il en manque ! Horreur, on va voir que je n’ai pas la compétence qu’il faut, on va voir que je ne fais pas tout comme il faut…. Et on pourrait me virer donc ! Ce qui serait parfaitement justifié dans ce scénario. Vous imaginez l’angoisse ? Personne ne veut vivre cela et donc il faut que tout reste inchangé, coulé dans le béton pour la vie !


Pour d’autres personnes, ce n’est pas la crainte d’être découvert incompétent(e) ou même de se croire à tort incompétent(e). Il s’agit plutôt de l’énergie et de l’implication que cela demande. Quand on a enfin un petit train-train et que l’on peut se mettre sur le pilote automatique, si on vous demande de faire autrement, ce n’est plus possible. Pour certaines personnes, croyez-le ou non, le travail est plus reposant que la vie hors travail. Tant d’obligations et d’impondérables de la sphère privée amènent les personnes à souffler au travail, parce que là c’est clair, calme, avec une routine plus ou moins certaine… Disons que même si des choses viennent pimenter le quotidien au travail, pour certains le cadre même permet un soulagement important. Et ce n’est pas peu dire. On pense souvent que le travail est une source de stress mais on omet de dire que le moindre stress, normal, au travail, peut ne faire que révéler la surcharge hors travail. Ce n’est pas tant le travail que l’ensemble de vie qui pose problème. On pointe trop souvent le travail comme source de désagréments alors qu’il n’y ajoute qu’une petite goutte d’eau dans l’océan tourmenté de certaines personnes. Alors, dans une telle situation, ne venez pas régenter le système et proposer de la nouveauté là-dedans. Cela va forcément susciter des réactions. Les personnes ont besoin de calme quelque part dans leur vie. Si ce n’est pas chez eux, ce sera à leur travail, n’en déplaise aux supérieurs qui n’ont que faire de la vie hors travail, elle impacte bien plus qu’on pense la vie au travail. Ceux qui pensent d’ailleurs qu’on peut séparer la vie privée de la vie professionnelle se leurrent totalement et alimentent une fausse mode actuelle pour parler de santé psychologique. Elle se trouve ailleurs que là où on pense.


Mais alors, pourquoi diable vous a-t-on engagé(e) pour ce fameux changement dont on parlait tant, de ce souffle d’air frais pour rester compétitif dans la toile mondiale ? Il se peut fort bien que des personnes haut placées veuillent réellement ce changement mais que sur le terrain il en soit tout autre. C’est par exemple le cas des personnes faisant de la restructuration organisationnelle, du redressement pour être simple. Souvent cela implique beaucoup de mises à pied. Et il faut choisir qui on va garder et qui on va laisser. On ne vire pas forcément les moins productifs au profit des plus productifs par contre. Il y a des jeux politiques subtiles ou grossiers qui font prendre des décisions très curieuses sur le terrain. Mais dans tous les cas, cela fait mal et se traduira par un profond refus et une résistance tenace. Ce n’est pas si tranché et parfois la situation est tout autre.


Mais même si vous n’êtes pas dans cette situation, votre venue enrobée de votre enthousiasme débordant dérange, quel que soit le milieu. On va jeter le bébé avec l’eau du bain juste à cause de votre trop grande volonté à bien faire. Vouloir « trop » peut rendre les autres « impuissants ». L’écart entre votre volonté et la capacité perçue des autres va générer cette résistance. Alors faudrait-il en faire moins ? C’est possible à certains endroits. Mais alors, vous ne respecteriez pas les raisons de votre engagement et risquez le licenciement, faute de prouver tout ce dont vous êtes capable, pour lequel vous avez été engagé(e) ! Ne rien faire est néfaste, et en faire trop n’est guère mieux alors ? Pas simple. Une contradiction que seul(e) vous devez assumer ! C’est injuste. Mais il y a tellement d’injustices dans la vie, s’il fallait qu’on arrête tout à chaque fois, on ne ferait plus rien.


Tout se joue dans la manière, à travers des jeux relationnels et à travers la collaboration. Si vous voulez que les choses changent, que vos idées soient applicables, il serait bon d’y inclure les personnes en place autour de vous. Il serait bon de les flatter un peu, de respecter leur ancienneté et de leur demander comment eux voient les choses et comment ils pensent que vous pourriez être une plus-value pour eux. L’idée n’est pas de faire semblant, vous feriez pire. Il est important de rester juste, mais de savoir considérer davantage le milieu dans lequel on se trouve, avec humilité. Il vaut parfois mieux avancer tel un archéologue avec son petit pinceau qu’avec un gros bulldozer ! Tâtez le terrain avant de vous lancer. Prendre le temps de considérer les lieux et les personnes en place avant d’intervenir peut faire toute la différence. En plus, cela rassure les gens de voir que vous prenez le temps d’observer ce qui se passe avant de vouloir tout changer. Il y a toujours des raisons pour qu’une situation soit telle qu’elle est. Ce n’est donc pas tant faire trop que faire trop vite et sans inclusion.



Pour contrer la résistance au changement des personnes autour de vous et faire votre place, assurez-vous que vos interlocuteurs aient l’impression de tenir le haut du pavé plutôt que vous. Faites profil bas. Arrangez-vous pour qu’ils aient raison et même qu’ils soient les instigateurs de vos solutions car ainsi ils vous laisseront faire. Ainsi vous ferez votre place et tranquillement vous pourrez faire tous les changements auxquels vous rêvez. En plus, vous serez appuyé(e) !

#emploi; #travail; #changement; #enfairetrop; #cliniqueresileste; #corinnezacharyas; #grandir; #écouter

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Sherbrooke, info@resileste.com

© 2017 par Corinne Zacharyas, Ph.D.

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