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Thérapie : de l'accompagnement à l'action

Souvent, quand on décide de consulter, c’est que ça va mal, voire très mal. Ou alors, on est juste tanné que ça n’aille pas comme on le voudrait. Et souvent, on a attendu très longtemps avant de prendre cette décision ce qui fait que certaines choses se sont cristallisées. Cela dit, rien n’est impossible.


Alors, on se décide. Évidemment, les coûts nous ont rebuté en partant, autrement on aurait consulté avant. Ce n’est pas parce qu’on a attendu que les coûts ont changé ou que notre budget s’est amélioré. Le problème financier reste le même, mais on se sent acculé au pied du mur, alors… les priorités doivent être réorganisées.


Et on consulte… Mais voilà, ça ne suffit pas. C’est un premier pas, certes, mais cela ne suffit pas. Cette première consultation va réveiller des craintes qui risquent de faire se rétracter la personne pourtant bien intentionnée. Pour que cela fonctionne, il y a trois questions importantes à se poser lorsqu’on consulte :


· Est-ce qu’on veut que cela change ?

· Est-ce que l’on pense que cela peut changer ?

· Est-ce qu’on est prêt à changer soi-même ?


La réponse facile est OUI ! Mais si on est honnête avec soi-même, ce n’est pas si évident que cela. Souvent la première question nous a amené à consulter malgré les problèmes financiers. Mais les deux autres questions ne sont pas souvent soulevées avant même de consulter. Pourtant, il arrive qu’on soit tellement désespéré qu’on en vienne à penser que rien ne peut changer en fin de compte. La vie est ainsi faite, on est malchanceux, et on veut se protéger, mais rien ne peut changer dans son for intérieur. Ha, mais là on a un vrai problème. Si rien ne peut changer, quoi que l’on fasse, on a déjà programmé en soi le fait que rien ne va changer. Subtilement les actions confirmeront cet état de fait, car en fin de compte, la manière dont on se positionne face aux choses amène des résultats liés à cette manière, souvent inconsciente. Bon, mais mettons qu’on tente quand même de déjouer le sort, on ne sait jamais ! Il reste cette fameuse troisième question qui se relie également à la deuxième bien fragile. Est-on prêt à changer soi-même ? Heu…. Tout doit changer autour de moi, mais il n’y a aucune raison que moi je change de position, d’attitude, de manière de faire ou même de voir les choses. L’injustice rode et j’ai décidé de le faire savoir… C’est un nouveau problème, car tout changement ne peut démarrer que de soi. Et tant qu’intérieurement on n’est pas prêt à faire autrement, rien ne changera.


Il y a des conséquences importantes à cela. Si deux de ces questions sont répondues à l’affirmative, on peut avancer, mais cela va être ardu et long. Dès que ces trois questions ont des réponses positives, réelles, alors ça va beaucoup plus vite. Tiens donc, le fameux budget va s’en sortir mieux !


Dans les cabinets de consultation, il y a donc deux types de personnes. Celles qui voudraient bien que cela change, mais ne peuvent faire ces changements et éventuellement s’attendent à ce que ce soit le thérapeute qui fasse le travail. Après tout, c’est lui(elle) le(la) spécialiste ! Mais cela ne marche pas comme ça. Le(la) thérapeute est là pour vous permettre ces changements, mais ne peut les faire à la place du client/patient. Et il y a les personnes qui s’engagent dans un travail sur elles-mêmes en vue de se positionner autrement. Il y a alors un réel échange en séance et des avancées fulgurantes et rapides. Et personnellement, c’est un réel plaisir de travailler avec ces personnes. Et chapeau bas aussi pour ces gens qui s’impliquent vraiment dans leur démarche. Parfois, c’est dur, vraiment dur.


Quel beau cadeau de vous voir évoluer à travers nos rencontres. Tout le monde y gagne. Dans un tel processus dynamique, tout coule bien, même pour le(la) thérapeute. Tout se place bien.


Tant que l’engagement n’est pas présent, le(la) thérapeute fera de l’accompagnement et ne pourra faire que cela sans quoi cela sera perçu comme une imposition et une mise en danger. Aucun autre choix que d’écouter le vécu, de retourner certaines questions permettant d’élaborer, rien de plus. Jusqu’à ce que la personne soit prête à aller plus loin. La thérapie peut durer ainsi pendant des années.


Il faut bien se comprendre, cette étape est importante. Elle permet de récupérer des difficultés, de se soulager, car souvent on n’a pas beaucoup d’oreille attentive à ses soucis. Cela permet de digérer les choses et c’est essentiel. Le problème est de se contenter de cela. Ce n’est pas parce qu’on a réussi à digérer les choses, à ne plus souffrir à l’idée de telle ou telle chose que cela nous amène à fonctionner autrement dans les situations similaires qui arriveront dans l’avenir, en tout cas, pas forcément. Car il faut aussi s’observer et voir quelle était notre position, comment on a réagi ou pas, comment on a interprété ou pas l’évènement au départ. Cela peut se faire en partie dans la digestion, mais c’est dans l’action que le corps se met à fonctionner autrement, selon sa vérité à lui. Et vous le savez : chassez le naturel, il revient au galop. Pourquoi ? Le corps fait ce qu’il a l’habitude de faire, ce qui le sécurise même si c’est douloureux. Et cela explique que bien des réactions sont remises en question après coup. « Comment ça se fait que j’ai réagi comme si ou comme ça ? Ça ne me ressemble pas, j’ai toujours dit que je ferai ainsi et non comme cela…. » Ça vous dit quelque chose ? Parce qu’il y a un monde entre les intensions pensées et les actions dans la réalité avec le contexte immédiat éventuellement source de stress.