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Quand nos mécanismes de survie nous tuent

Dernière mise à jour : 5 févr. 2021


Depuis que l’homme est, il a dû affronter nombre de situations. La peur l’a sauvegardé dans bien des cas. C’est ce qu’on dit. Ce n’est pas toujours évident que cela nous sauve. Cela sert surtout à être prêt à parer à toute éventualité plus rapidement.


Dans la nature, une horde de loups, très intelligents d’ailleurs, poursuit un troupeau de proies, des cerfs, des biches... Mais pas n’importe comment. Les loups observent pendant des jours le comportement de leur prochain repas. Ils attendent le moment opportun, comme lorsque l’animal a beaucoup mangé, est plus lourd et ne pourra pas courir très longtemps par exemple. Ensuite ils attaquent, mais là encore de manière stratégique. Ils ne s’échinent pas à courir plus vite. Ils piègent plutôt le troupeau en le dirigeant tel un chien de berger vers un lieu où il n’y aura plus d’échappatoire. Et là, leur diner les attend ! Les proies se sont mises à courir, pour se protéger du danger, après avoir ressenti la peur d’un danger réel, le loup ! Mais leur jugement très altéré à ce moment-là les fait aller directement dans le piège.


Nous ne sommes pas des animaux ! Mais nos mécanismes de détection du danger sont ancestraux, reptiliens.


Les mécanismes de peur sont bien connus. Lorsqu’un stimulus sonore ou visuel arrive, il se rend dans le thalamus qui fait un premier décryptage et envoie le message au cortex sensoriel en vue d’en faire une détermination précise. Lui-même envoie ensuite la réponse appropriée à l’amygdale où la peur déjà déclenchée par un circuit plus court va poursuivre dans sa lancée ou stopper la production de toutes les hormones d’activation pour se protéger du danger.


Ce mécanisme primaire et viscéral est automatique et on ne peut empêcher une réaction soudaine de peur. L’analyse de la situation par le cortex sensoriel fait ensuite toute la différence dans le maintien ou pas du processus.


La peur, ce n’est pas elle qui nous sauve techniquement. C’est le bon sens qui suivra. La peur ne fait qu’activer l’alerte et permettre le déclenchement de l’action. C’est son seul rôle, comme le détecteur de fumée se déclenche lorsqu’une fumée le traverse pour nous prévenir et nous faire intervenir. Mais le détecteur n’est pas conçu pour arrêter le feu. Ce sera l’action qui suivra qui le permettra. La peur nous met en condition pour agir. Les plus intelligents, les plus forts, les plus outillés sauront ensuite prendre les décisions idéales pour se tirer d’affaire en plus d’avoir l’énergie produite par la cascade hormonale pour s’en sortir.


Mais voilà : le stress est également à la source de l’activation de l’amygdale. L’humain de nos sociétés actuelles active donc très facilement et souvent ses circuits de réaction au danger sans pourtant l’être. Alors avec une pandémie comme celle que nous vivons, la peur est d’autant plus présente.


Ces réactions viscéralement programmées pour se protéger du danger ont bien peu d’effet face à un virus. Fuir ? L’ennemi invisible est partout ! Figer sur place ? L’ennemi invisible est probablement à côté de soi ou déjà en soi. Se battre ? L’ennemi à combattre fonctionne sur d’autres modalités, insensibles à nos contrôles objectifs. Et il se nourrit des effets de la peur !


En restant dans sa peur, l’humain qui veut se protéger se tire directement dans le pied, car il s’affaiblit plus qu’autre chose. Son système immunitaire dépend aussi de son état de stress qui lui dépend aussi de son état de santé général lui-même dépendant de ce que nous mangeons et buvons. L’humain fait tout l’inverse de ce qu’il devrait faire. Mais c’est une réaction animale bien naturelle au départ.

L’humain agit un peu comme un troupeau de proies réagissant de manière erratique et peu conséquente, renforçant son problème. Par exemple, il va avoir envie de consommer des mets sucrés. Au départ, manger sucré est ancré aussi comme protection dans le sens que cela donne l’énergie immédiate pour courir soit pour fuir soit pour se battre. Ensuite on se rend compte aussi que le sucre a une autre fonction calmante, antistress. Cet effet-là permet probablement de réagir intelligemment. Les effets bénéfiques du sucre ne durent pas. Les études montrent que le sucre n’énergise que quelques minutes pour ensuite avoir l’effet inverse ! Juste le temps qu’il faut pour réagir au réel danger en fait.


Le sucre actuel et celui que les hommes des cavernes allaient chercher diffèrent quelque peu ! Face à une pandémie, un danger permanent, la peur risque de durer longtemps. Pour calmer une peur persistante envers laquelle on ne pense pouvoir rien faire, on tente de faire taire