Harcèlement : réalité ou vue de l'esprit ?

Mis à jour : 19 nov. 2019

Dans un couple, quand ça ne va pas, qu’il y a des #conflits, bien qu’on accuse l’autre de tous ses malheurs, on a tout de même une part de responsabilité dans la #relation. Le fondement même d’une relation de couple c’est la relation. Pour qu’il y ait relation, il faut au moins deux points d’ancrage, donc deux personnes. Bien qu’on ne soit pas forcément responsable de l’attaque de l’autre, on l’est de la manière dont on s’y positionne et dont on réagit.


Attention, #responsable n’est pas #coupable ! Quand on est coupable, on est condamnable, mais quand on est responsable, on a le pouvoir de changer les choses dans ses mains.

Dans le #harcèlement c’est la même chose. Si vous vivez des situations conflictuelles, voire harcelantes, il se peut que cette affirmation vous choque. Si tel est le cas, c’est une des raisons pour lesquelles vous vivez ces situations. Pourquoi ? Parce que vous vous positionnez alors comme #victime de l’autre qui est le #coupable de vos malheurs. Et tant qu’une personne reste dans sa position de victime, rien ne peut changer. De toute manière il n’y a qu’à voir le mal qu’on a à faire valoir ses droits ! Autant choisir d’autres options.


Si vous doutez de ces affirmations, demandez-vous pourquoi certaines personnes qui vivent du harcèlement dans un endroit, avec certaines personnes, vont avoir le courage de partir de là pour se retrouver ailleurs où elles vont vivre encore du harcèlement. Une coïncidence ? Quelle malchance, vraiment ! Pourquoi certaines personnes rompent des relations amoureuses à cause de conflits, d’abus de pouvoir, pour se retrouver dans une autre situation similaire ? Encore, pas de chance !


Voir sa position ne rend pas valide le comportement de l’autre. Voir sa position permet de changer de statut : se #responsabiliser plutôt que d’#accuser, se responsabiliser plutôt que de #subir. Voilà une autre vue de l’esprit. Comment se responsabiliser fait changer les choses ? En voyant la situation telle qu’elle est tout d’abord. En étant honnête avec soi-même et en observant comment on contribue, comment on accepte.


Vous savez, les personnes qui sont battues dans leur couple, et qui restent, souvent elles ont vécu des #abus de #pouvoir de l’autre déjà en tout début de relation. Et il arrive même qu’elles aient vécu des situations similaires dans des relations précédentes aussi. Des choses inacceptables ont été admises comme convenables, excusables avant même le mariage. Par amour dira-t-on.


Au #travail, des petites #incivilités ont été tolérées, acceptées. « Ha, ce sont des blagues après tout… bon peut-être qu’il ou elle a raison aussi… peut-être que j’aurais dû plutôt faire ceci ou cela… peut-être que je le mérite. » Ce sont ces mêmes discours intérieurs dans la relation de couple d’ailleurs. Et cela peut ainsi mener très loin et démolir tellement que le courage de changer n’y est plus.


Vous savez, une #loi a été émise contre le harcèlement. Et cette loi amène la possibilité d’intenter des procès contre les personnes agressives et harcelantes. Mais cette loi est là aussi pour protéger les personnes contre les accusations grossières et mal fondées. Malheureusement certaines victimes payent le gros prix de cette protection nécessaire. Si vous prenez une position responsable et que vos agissements n’alimentent pas la situation, mais que l’autre continue d’agir de manière irrespectueuse et/ou blessante alors oui on est clairement dans un cas d’abus volontaire de l’autre. Mais souvent le problème n’est pas aussi clair. Les personnes agissent mal… en toute #inconscience, aussi farfelu que cela puisse paraitre.


Lorsqu’on observe plus précisément les situations, on se rend compte que la plupart du temps il y a un manque de communication adéquat. Les personnes s’attendent à ce que l’autre comprenne ceci ou cela sans rien dire ou alors qu’elles décodent ce qu’elles disent selon leur propre #filtre quand en fait l’autre a un filtre propre à lui. Souvent aussi on accuse plutôt que d’exprimer ce que telle action nous fait. Celui ou celle qui n’avait pas de mauvaise intention se sent tout de suite attaqué(e), à juste titre, quand en fait, ses intentions étaient toutes autres. Une explication peut désamorcer des disputes. Mais il faut avoir le #courage de s’#exprimer. Toutes les personnes que l’on accuse de harcèlement ne sont pas forcément dans ce type de profil. Assurément ce sont des personnes difficiles, mais seules quelques-unes vont tirer la carte du profil type. Le fait de s’exprimer, de la bonne manière, amène de la conscience dans la relation et permet aux personnes indélicates de s’ajuster.


Au travail, vous me direz que vous ne pouvez pas exprimer les choses comme dans votre relation de couple, que tel(le) supérieur(e) ne vous laisse pas en placer une. Oui cela arrive. Mais dans ce cas, vous obstiner à vouloir avoir raison vous mine. Pourquoi ne pas laisser l’autre dans sa croyance de toute #puissance ? Voyez comment ces personnes souvent parlent encore et encore, accusent, émettent des ordres souvent décousus d’ailleurs, le tout verbalement, sans rien écrire et souvent avec un degré de compétence moindre au vôtre.


Les gueulantes et prises de pouvoir ne sont là que pour se protéger. C’est un peu comme le chien qui aboie. Il a peur et tend à tenir éloignée la source de ses craintes. Ce n’est pas le plus bruyant le plus dangereux. Les véritables comportements harcelants conscients et volontaires se produisent loin de tout ce qui pourrait amener une condamnation. Quand votre supérieur(e) agit pour avoir le contrôle, votre seul rôle est alors de rassurer. Ensuite, votre obligation est de clarifier et de rendre tout le verbal en format écrit : faire vos demandes par écrit, répondre aux demandes par écrit (avec les bonnes personnes !), et ouvrir la parole. Que ça se sache, tout simplement, met une justice sociale en place. Une fois visibles, certaines personnes deviennent plus discrètes, étrange n’est-ce pas ?


Dans mon bureau, je vois constamment des personnes qui, en fait, ont peur de s’exprimer et laissent s’installer des situations conflictuelles qui dégénèrent par simple #acceptation. C’est trop simple selon vous ? Ben, la vie ce n’est pas compliqué, vous savez ! C’est nous les humains qui la compliquons, avec des attentes démesurées, des discours filtrés, des objectifs irréalistes, des idéations de toutes sortes.


Alors si vous vous sentez choqué(e), que vous pensez ne pas être compris(e), c’est peut-être que vous vous percevez comme victime. Une victime est impuissante et attend son sauveur. Mais il n’y a pas assez de sauveurs pour sauver toutes les personnes qui se noient. Certaines vont en mourir à moins de trouver d’autres stratégies pour en sortir. Et je le rappelle, ce n’est pas parce qu’on observe sa manière d’alimenter la chose que ça valide la chose. Ce sont deux choses différentes.


En général on n’a pas les personnes aux mauvais comportements dans nos bureaux de consultation, on a les victimes. Vous avez la brillance de considérer que vous avez besoin d’aide, ce que la personne difficile n’a pas. Alors vous êtes déjà bien meilleur(e). Bravo. Cela fait déjà toute la différence. Maintenant vous êtes responsable !

Sherbrooke, info@resileste.com

© 2017 par Corinne Zacharyas, Ph.D.

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